Adèlices

Les délices d'Adèle ou le journal de ma cuisine : mes recettes innovantes ou pas, mes découvertes gastronomiques à Paris, sur le web ou ailleurs et toutes mes envies ou mes tests du moment....

01 octobre 2009

CAP Cuisine, formation professionnelle, Ecole Ferrandi....

Ces derniers temps, je reçois pas mal de questions concernant le CAP, la formation à l’Ecole Ferrandi etc… et j’essaie tant bien que mal d’y répondre objectivement. Ce billet s’adresse à toutes ces personnes et j’espère qu’il pourra les éclairer (un peu) ! Attention, il n'est pas fait pour décourager mais simplement pour montrer un peu l'envers du décor et permettre d'être pleinement conscient de ce que représente au quotidien ce type de formation.

Tout d’abord, il faut être conscient que cuisiner chez soi et cuisiner dans une cuisine professionnelle ce n’est pas vraiment la même chose. Tout est plus grand, plus chaud et aussi plus lourd… le cuivre vide, c’est lourd mais avec trois litres de bouillon ça devient l’horreur. Ensuite, on cuisine tous les jours et pas forcément ce qu’on aime.

Le but du CAP est de former les élèves aux bases des la cuisine française comme les taillages (merci mes doigts), les cuissons (merci les brûlures) et les sauces. Aucune cuisine exotique ni même moderne n’est abordée (bio ou légère je ne vous en parle même pas !), aucune entorse ou créativité n'est permise…

Si vous n’êtes pas vraiment fan des truites gluantes à vider à 8h du matin, de la chantilly à monter à la main ou encore des sauces un peu lourdes, je vous conseille de vous abstenir. De même, dites adieu à votre manucure et cachez vos mains sous la table lors de vos dîners en ville (même si c’est mal élevé) car elles pourraient en terrifier plus d’un. Oubliez les pantalons seyants, les chaussures sympas et les brushings et investissez dans de lourds souliers et un charmant couvre-chef (c’est obligatoire)… Si vous ne trouvez pas ça suffisant, il reste le tablier et le torchon pour vous épaissir un peu la taille et vous faire une silhouette gracieuse.

Les recettes du référentiel datent (un peu) ! Regardez le Maincent et vous comprendrez …. On réalise encore des œufs frits, de la sauce Mornay ou encore de la macédoine de légumes… Je vous fais grâce le l’entremet façon Singapour qui est un must en son genre ! Une horreur de génoise à trois couches dont l’inévitable crème au beure, de la crème, du sucre ….(pour info, j'ai cherché en vain des photos sur le web et n'en ai pas trouvé tellement c'est has been)!

Il faut aussi signaler que dans les formations « adulte », il y a de tout… des jeunes, des moins jeunes, des vieux… des français, des étrangers… Bref, un mélange très intéressant sur le papier mais qui au quotidien n’est pas toujours facile à gérer.

La formation comprend également des cours théoriques d’hygiène, de technologies, de vie pratique qui sont obligatoires, coûteux et franchement pas passionnants. Le niveau des participants étant totalement hétérogènes, tout est vraiment survolé.

Vouloir faire ce type de formation pour le « fun » et sans projet précis est à mon sens une aberration et ne sert strictement à rien. De plus, il faut bien garder à l’esprit que la restauration est un métier merveilleux certes mais assez ingrat et qu’il est strictement impossible de monter un restaurant juste avec une formation telle qu’un CAP. Ah, j’oubliais, si vous êtes une fille, c’est encore plus dur… Je ne sais pas pourquoi mais on part avec un handicap, je sais c’est rétrograde mais c’est comme ça !

Si après ça, vous êtes toujours motivé, sachez que Ferrandi est une formation réputée sérieuse, que les professeurs sont plutôt sympas et patients, que les cuisines ne sont pas vétustes et bien équipées.

Personnellement, outre les petits désagréments signalés au dessus, j’ai été plutôt contente de l’enseignement proposé en cuisine (bien qu’il aurait pu être soit plus court, soit plus approfondi). J’ai été en revanche extrêmement déçue de la formation théorique, qui m’a pris du temps et qui ne m’a rien apporté. En bref, c’est une bonne formation dont le prix est trop élevé.

A propos de formation, je vous invite à aller découvrir le site de l'AFPA, ainsi que la méthode anti-galère de Philippe Lucas! C'est là : http://www.methodeantigalere.fr

Posté par adelices à 17:54 - VIE A L'ECOLE - Commentaires [11] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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Commentaires

Merci pour ce descriptif qui remet effectivement les pendules à l'heure. Beaucoup idéalisent ces formations, surtout du fait de l'image véhiculée par les médias. La réalité est effectivement tout autre...

Posté par Débo, 01 octobre 2009 à 18:20

bien envoyé !

Posté par lorette, 01 octobre 2009 à 18:59

Si on est vraiment motivé et qu'on veut se professionnaliser ceci dit, on ne peut pas faire l'impasse de ce cursus. Mais il y a plein d'écoles, pas que Ferrandi, je crois que le plus important est la table où l'on fait son apprentissage.

Posté par Tiuscha, 01 octobre 2009 à 19:55

tient c'est marrant que tu parle de cette école ma meilleure amie y étudie depuis 2 ans maintenant et c'est tout a fait vrai ce tu dit correspond a ce qu'elle me raconte, c'est dur et il faut être vraiment passioné pour tenir le coup

Posté par mimine, 01 octobre 2009 à 20:48

Tu as raison de présenter aussi l'envers du décor.
Bon week end à toi!

Posté par Flo Bretzel, 02 octobre 2009 à 11:29

CAP Cuisine Marie de Paris

Complètement d'accord.
Une alternative à moins cher pour les parisiens :
les cours municipaux de la mairie de Paris proposent une année de préparation au CAP cuisine, mais aussi pour ceux qui veulent+ de fun des cours de patisseries, de cuisine...
Pour apprendre ou compléter votre parcours professionnel rdv sur :
http://www.paris.fr/portail/Education/Portal.lut?page_id=7151
Formation intense (du pratique 4 heure/semaine à l'époque) et il faut "répéter" chez soi évidemment !
Vous apprenez les 'bases' obligatoires pour le CAP, et vous inscrivez en candidat libre pour passer l'examen en fin d'année.
Pour l'aspect théorique, il faut travailler chez soi avec les bibles du métier.

Posté par marie, 02 octobre 2009 à 12:46

Trop tard !!!
Beaucoup de candidats et très peu d'élus malheureusement ! Les inscriptions se font entre le 1er et 14 septembre. Un ordre d'idée : 450 candidatures pour... 18 places !
Gloup's !

Posté par anna paloma, 02 octobre 2009 à 22:06

Anne de Station gourmande nous avait à l'époque dressé un état des lieux semblable au tien,, je ne suis pas concernée mais je trouve très intéressant ton article, et de toute façon c'est un métier qui demande plus que de la motivation !!

Posté par Mercotte, 04 octobre 2009 à 09:19

Comme tu le dis, ainsi que Mercotte, je confirme qu’il faut être motivé et encore plus que motivée lorsque l'on est une femme pour entrer dans le milieu professionnel de la cuisine.
Cependant, pour ajouter ma vision sur l'enseignement professionnel d’aujourd'hui, il faut dire qu'il s'adresse à la majeure partie du personnel de base des cuisines commerciales ou collectives. Ceux-ci deviendront ensuite de grands chefs ou pas, et peut-être des artistes culinaires sollicités et visibles dans tous les médias selon leur désir de progression, de recherches culinaires, leurs compétences et leurs talents. La préparation d’un CAP c’est-à-dire d’un certificat d’aptitude professionnelle n’est qu’un socle sur lequel construire, non pas un aboutissement. Bien sûr, je partage ton avis sur le fait que certains enseignements sont obsolètes et si le référentiel a été modifié voilà quelques années il reste encore beaucoup à faire pour l’adapter au monde d’aujourd’hui, mais les habitudes ont la vie dure ... Et si les femmes ont un peu plus de place que lorsque j’ai commencé, c’est toujours un nombre dérisoire en %. Et peu dans le Top 10.
Pour Ferrandi, je ne connais pas les tarifs actuels. À l’époque où j’y ai suivi une formation, je n’avais pas trouvé cela excessif. J’y ai trouvé mon bonheur, mais j’ ai peu suivi les cours théoriques (mathémathiques, hygiène etc...) qui étaient d’un niveau de débutant. J’ai préféré consacrer ce temps à acquérir d’autres connaissances car je préparais simultanément le Brevet Professionnel de cuisinier.
Ton billet a le mérite au moins de poser clairement une situation et d’éviter des erreurs de choix pour tes lecteurs internautes.
Merci Adèle pour me permettre de m’exprimer (un peu longuement....) sur cet espace.

À très bientôt j’espère. Autour d’une tasse de thé, peut-être ?

Posté par Gamelle, 04 octobre 2009 à 12:39

Dit comme cela, c'est clair, il faut en vouloir... C'est pas pour les fainéants, donc c'est pas pour moi ! ;)

Posté par Tit', 06 octobre 2009 à 14:00

"Le but du CAP est de former les élèves aux bases des la cuisine française comme les taillages (merci mes doigts), les cuissons (merci les brûlures) et les sauces." Peut on savoir combien as tu eu de TP durant ta formation? Sur quel type de fond de sauce tu as travaillé? C'est ca former les eleves aux bases de la cuisine, visiblement les bases ont bien changé en 20 ans...
En revanche, je partage ton avis sur les equipements de cette école, j'espere que les eleves en prennent soin.

Posté par stephane, 23 novembre 2009 à 11:21

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